La Léontine
Si le vin naît souvent d’une histoire d’homme, chez nous c’est plutôt une histoire de femme, et quelle femme ! « La Léontine » (notre arrière grand-mère) née en1889, fut une vigneronne, une vraie !
Ayant affronté les guerres, le veuvage, la rudesse du travail de la terre avec force et courage, rien, ni personne, ne l’a jamais empêchée de prendre soin de ses 2 hectares de vignes… ni de confectionner de fameux fromages de vaches et de « chieuves » (chèvres).
Cet amour du travail bien fait, elle l’a d’abord transmis à ses fils Louis et Émile (notre grand-père) et très tôt à son petit-fils Serge (notre père). Enfant, il la suivait comme son ombre et aujourd’hui encore il nous parle religieusement de chacun de ses gestes : « la grand-mère Léontine faisait « comme ça ! » et tu pouvais passer derrière elle, le travail était fait « d’aplomb ! » « à l’adroit ! ». À nous maintenant de perpétuer cet héritage du respect de la terre, de la vigne, du vin et du travail.
Émile
Émile (notre grand-père) fut un exemple de gentillesse, de générosité et de calme. Il a su s’adapter aux débuts de la mécanisation afin de transformer petit à petit son exploitation de la polyculture à la monoculture de la vigne (5 hectares en 1950).
Il a donc consacré de plus en plus de temps à l’élaboration de ses vins pendant que Maria (sa femme) s’attaquait, elle, à la commercialisation en bouteille !
À l’époque (après-guerre), beaucoup de Pouilly-Fumé était consommé dans les restaurants et bistrots nivernais et parisiens et l’on pouvait sentir les prémices de l’essor du commerce à l’exportation. Emile et Maria n’étaient pas peu fiers de leur première vente de bouteilles de Pouilly-Fumé en Angleterre ! (client très fidèle jusqu’à aujourd’hui encore !)
Hélas, Émile nous a quittés trop vite en 1971 et n’a pas eu la satisfaction de voir son fils Serge (
notre père) développer et moderniser spectaculairement le Domaine, toujours dans la recherche de la qualité.
Serge
Très jeune à la tête du Domaine, en 1971, Serge, perfectionniste dans l’âme, s’intéresse à l’évolution de la mécanisation et travaille même à l’invention de nouveaux matériels viticoles (première rogneuse, broyeuse à sarments…).
C’est un précurseur…
Il se passionne pour les progrès vinicoles et investit dans l’achat de nombreux matériels. Il est l’un des premiers à construire une nouvelle cave en 1987 où il installe des cuves thermo-régulées qui lui permettent de mieux maîtriser les températures de fermentation et donc de mieux conserver les arômes de ses vins.
Serge est un autodidacte…
Il touche à tout, parfois maçon, électricien, ferronnier, soudeur, menuisier… il aime tous les outils et toutes les matières. Si vous cherchez Serge, vous le trouverez dans ses vignes ou dans sa cave, mais surtout dans son atelier de mécanique. Un sécateur, un pressoir, un tracteur… il vous montrera toujours la bonne façon de s’en servir.
Les Dag’
Faire passer son expérience, son savoir-faire, même si cela se déroule parfois dans la tourmente des éclats de voix. Cette alchimie subtile, Serge l’a réalisée avec ses enfants : de père… en filles. Ce sont aujourd’hui les « gamines » qui taillent dans le froid ou rognent en pleine chaleur. Pensez ! Deux filles dans les vignes, pas facile dans ce métier d’homme. Mais comme toujours chez les Dagueneau, le travail et la compétence ont croisé le chemin de la réussite et de la qualité.
Rassure-toi Serge, avec tes Filles le travail est fait « d’aplomb ! » « à l’adroit ! ».
Florence
&
Valérie
Les Filles ! Vous parler de Florence et Valérie, c'est tout d'abord parler de générosité. Cette générosité que l'on retrouve dans leurs vins, leur recherche de qualité, d'excellence. Elles innovent, créent de nouvelles cuvées tout en travaillant leurs vignes avec rectitude et amour du travail bien fait. Vous le savez maintenant, chez les Dagueneau, le vin c'est souvent une histoire de femmes, et quelles femmes ! Bravo les Filles !
Florence nous a quitté en février 2010, emportée par un terrible cancer. Elle nous laisse orphelin de son sourire et de sa douceur. Dieu qu'elle nous a régalé avec ses cuvées ! Nous la chercherons longtemps au milieu des vignes, l'appareil photo tout près du cœur, et « L'esprit de Flo » coulera toujours dans nos verres.